dimanche 1 février 2009

Mouchoir

Monica était perdue dans ses pensées.
À deux pas de la scene, soit juste derrière elle, un homme polonais lisait un journal chinois en Italie, textes dont il ne comprenait pas un mot mais ne pouvais se résigner à abandonner, certain qu'il réussirait à découvrir la clé de se langage exotique.
Un peu plus loin, le garçon du café nettoyait les tables; contrairement à ce qu'on aurait pu croire, c'était une journée assez tranquille et très peu de gens avait décidé de prendre un café de peur de troubler l'atmosphère agréable qui regnait surprenament aujourd'hui. Il lavait les tables non par parce que s'était nécessaire, il aurait très bien pu s'assoir à l'ombre sur cette chaise qui n'était pas visible de l'intérieur, à l'abri du regard percant de son patron, mais bien parce qu'il était complètement charmé par cette femme magnifique, par cette fourrure qu'elle portait malgré cette chaude journée mais qui semblait plus légère que le lin sur elle, comme si rien ne pouvait l'affecter, mais tout cela sans qu'elle ne prenne une air affecté.
Une femme approchait sur le trotoire parisien adjacent, on sait la nationalité du trotoire à cause du béret de Monica, et cette femme en question regardait droit devant elle. À son bureau, tous se croyait plus influent que le grand patron, et cette attitude avait un peu déteint sur elle, ce qui faisait que même seule, elle paraissait sur d'elle ce qui, je le sais, n'est pas le cas. C'est parce qu'elle ne regardait pas ses pieds qu'elle marcha dans la flaque d'eau et que le vieillard, très aimable, très bon, sorti sans tarder un léger mouchoir de papier et le tendait à cette femme maladroite, mais c'est aussi à ce moment qu'un coup de vent passa par là et emporta le mouchoir qu'ils regardèrent s'éloigner, à la fois surpris et un peu choqués, avant d'en sortir un second, identique, pour terminer ce qu'il avait entrepris.
Alors que le mouchoir se laissait porter par le vent, Monica, dont les lèvres venaient juste d'être décolorées par le café, s'en réapplique une subtile couche et c'est donc précisément quant elle s'était remise à ses rêveries que la brise déposa sur ses belles lèvres le mouchoir qu'elle avait volée au vieillare qui voulait essuyer les souliers de la dame qui marchait très fort sur le sol, tel un baiser.
Ses yeux sortir des nuages pour considérer le dit mouchoir que quiconque aurait eu le réflex d'oter, mais elle, de la ou elle revenait, c'était comme un baiser qui s'était appliqué innocement sur ses lèvres, et comme le garçon était parti et le monsieur du journal lisait encore, il n'y avait plus personne pour l'observer, ce qui laissa Monica décider seule de ce qu'elle ferait.
Et ce qu'elle fit, c'est laisser ce mouchoir sur ses lèvres, peut-être une seconde de trop, mais qui aurait eu quelque chose à redire?

Portrait de Monica Belluci par Helmut Newton

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